Hommes 2.0

Mo, un homme 2.0

Le dernier témoignage commence à dater, messieurs vous êtes trop timides pour raconter vos aventures 2.0 ? ;). En tout cas, je remercie ce cher M., pour avoir accepté de participer à cette chronique.

Ce cher M., 36 ans, en couple depuis peu, a démarré l’aventure des rencontres 2.0 en octobre 2015 (c’est donc un jeune utilisateur de ces nouveaux moyens de rencontres). Comme beaucoup, il s’est inscrit sur adoptunmec suite à une rupture et sur les conseils de ses amis. Un bon moyen finalement, de pouvoir faire de nouvelles rencontres en dehors de notre cercle d’amis ou du travail.

Il a d’ailleurs tenté l’expérience pour élargir son cercle de rencontres mais sans trop avoir d’idées préconçues… Il ne savait pas trop sur quoi il allait tomber (amitiés, plans culs, ou une vraie belle histoire). Il a choisi adopt, car selon lui, les utilisatrices paraissaient un peu plus intéressées par la personne au-delà des banalités du profil.

Il a pu faire y 3 rencontres : et pour lui ce fut une catastrophe !!! Les rencontres en elles-mêmes se sont bien passées, pas de surprise du genre elle a mis une photo datée. Dans son cas, c’est après que ça dégénère…

Selon M., les rencontres 2.0 changent complètement nos codes de rencontres … « Plusieurs aspects de la rencontre « old school » se retrouvent perturbés voire complètement supprimés :

  • L’approche / la projection: habituellement, on rencontre une JF accidentellement ou via des potes, on s’observe, on discute, on échange des regards ou un sourire. Bref, l’approche et le jeu de séduction se mettent en place. Plusieurs critères permettent de ressentir si alchimie il peut y avoir.

A contrario, sur les sites de rencontre, cette étape se limite à une retranscription personnelle de descriptions ou photos d’un profil. Et comme tout le monde veut sortir du lot, les profils ont tendance à être « surjoués » ou différenciés, sans forcément être en phase avec la personnalité de la personne concernée. D’ailleurs deux mecs face au même profil en tirent probablement un ressenti différent. On constate souvent que l’on est déçu après les premières banalités échangées car on avait imaginé autre chose de la personne se cachant derrière son profil.

  • La facilité: La simplicité d’accès à un grand nombre de profils pousse les utilisateurs à zapper assez aisément, à passer à côté d’un certain nombre de personnes qui auraient pu convenir. On est impatients et plus exigeants qu’en dehors du site. J’ai remarqué qu’à force, j’ai moi-même commencé à agir de la sorte : ne plus prendre le temps de connaître la personne au bout du clavier, discuter en même temps avec une multitude de jeunes femmes, etc. Noyade assurée.
  • De plus, la notion de temps est totalement décousue. Les discussions sont rarement fluides, très souvent ponctuées d’absences qui rendent les échanges parfois surréalistes. Lost in time. Vous devez parfois vous relire à deux fois pour reprendre le fil d’une conversation, d’une vanne périmée deux jours plus tôt, à laquelle répond subitement votre interlocutrice. Bref, difficile de cerner une personnalité dans ces conditions.

Pour résumer je dirais que lors de rencontres en live, on prend un verre puis on creuse les affinités, alors que sur les sites de rencontre on creuse d’abord, puis on se rencontre. Cela peut créer des incompréhensions dues principalement à notre imagination, nos projections ou nos attentes. »

Comme quoi, nous avons tous un vécu et des expériences différentes avec les sites de rencontres. Finalement un peu comme avec les rencontres dans un bar ou lors d’une soirée ;).

Maintenant et comme chaque fois place à l’une des ses anecdotes pour finir avec ce RDV mensuel

« LA CHUCHOTEUSE NOCTURNE

Cette anecdote m’est arrivée lors de ma seconde date 2.0 avec Julia sur Adopte. Elle m’ajoute dans son caddie, on échange, beaucoup d’affinités apparaissent. Elle travaille dans le social, musicienne à ses heures perdues, on partage une passion commune pour l’Art. On échange durant de longues heures sur Adopte, on finit par s’appeler au bout d’une dizaine de jours, même constat : échanges fluides, on est sur la même longueur d’ondes. Bref, on se dit qu’il faut se voir.

Premier RDV dans un bar, on reste au début un peu coincés mais nos échanges restent toujours aussi fluides. Je perçois une personne écorchée vive, la tête sur les épaules, touchante, drôle, de surcroît mignonne. Malgré cela – je ne saurais l’expliquer d’ailleurs – je n’éprouve pas d’attirance pour elle. Je m’étais promis d’être sincère et direct avec mes dates. Après trois verres je me décide à la friendzoner, en lui expliquant que je la trouvais super cool, mais que probablement que cette histoire tournerait à de l’amitié. Julia me dit qu’elle comprend, et qu’elle nous verrait bien potes, une histoire fun sans prise de tête. Aucune animosité détectée. Je la raccompagne en scoot et on reprend nos échanges par claviers interposés.

Tout se déroule « normalement » jusqu’à une nuit de novembre. A mon réveil, je découvre que j’ai reçu deux messages vocaux de la part de Julia – à 3h58 et 4h17 !

Je les écoute et là, le choc. Chaque message dure une dizaine de minutes, durant lesquelles elle chuchote (peut-être pour ne pas se faire entendre par ses collocs, peut-être pour se donner une voix suave). Elle m’explique que les grandes histoires d’Amour commencent toujours comme cela, par des points communs, des regards, et une entente sans faille. Elle ponctue avec des phrases du type « je veux être ta muse », je veux « murmurer entre tes cuisses », « Pour toi je jouerais de la guitare toute nue ». Bref, deux longs messages que j’ai pris au départ pour une erreur – elle était sûrement bourrée. Je n’y prête pas plus d’attention que cela. ERREUR DE DEBUTANT.

En réalité, ce n’était que le début : elle continua à tenter de me joindre une ou deux nuits par semaine vers 3 ou 4h du mat. A chaque fois, le même récital : des déluges d’amour passionnel au début, à propos de notre « destinée », puis, une dizaine de minutes plus tard, s’emportant parce que je ne répondais pas, un florilège d’insultes du genre « tu me trompes », « je n’ai pas mérité ça », « tu es un connard comme les autres » et j’en passe. Julia finissait chaque monologue émotionnel par des excuses sur son comportement et ce qu’elle venait de faire. Elle n’en prenait conscience qu’après.

A chaque fois que je l’appelais pour lui demander ce qui lui prenait, elle s’excusait et me disait qu’elle ne recommencerait plus, justifiant ce comportement par un combat face à ses démons, une enfance difficile avec un père alcoolique.

Cela a duré quelques semaines (messages comprenant parfois quelques photos mythiques) avant que je ne décide de bloquer son numéro pour arriver à couper tout lien.

Je pensais naïvement que cela s’arrêterait là. Quelques semaines plus tard, je reçois un courrier à mon domicile – je ne sais toujours pas comment elle obtenu eu mon adresse – avec le même schéma de discours : une lettre de quatre pages en recto verso avec des « c’est dommage », « on était fait l’un pour l’autre », « tu regretteras cette histoire », « tu es comme tous les hommes », ainsi qu’une sorte de relevé de mes points sur Adopte associé à des snapshots de mon profil. C’est assez drôle car – je ne le savais pas – on accumule des points à se connecter et discuter sur le site ou l’appli, ce qui donne des indices aux visiteurs sur son assiduité. Elle avait décortiqué semaine par semaine ma cyber-love activité depuis notre première discussion, ainsi qu’une théorie sur moi. J’avais à ses yeux une personnalité de bourreau des cœurs qui ne prend plaisir qu’à gagner l’amour de ses conquêtes avant de les laisser se noyer dans leurs larmes. Un homme qui a peur de s’engager et dévoiler ses sentiments. J’étais devenu à mon insu un serial lover (depuis, on a passé de longues soirées entre potes à relire toute cette correspondance – fous rires assurés)…

Bref, j’ai reçu trois courriers et puis elle a arrêté.

Les premières semaines suivant les lettres, je rentrais chez moi tous les soirs avec la boule au ventre – en me demandant si elle ne m’attendrait pas par surprise – cachée dans un angle mort ou dans le parking pour me planter avec un couteau ou je ne sais quelle autre arme. Ça a l’air drôle avec le recul, mais je peux vous assurer que j’ai vraiment flippé. J’ai même imaginé qu’elle se suicide en laissant une lettre à la Police avec mon prénom et mon adresse comme bourreau.

Mes amis s’amusaient à m’appeler avec des numéros masqués ou inconnus, en susurrant de manière très suave ses phrases cultes du genre « j’aimerais chuchoter entre tes cuisses »… »

Alors là je dois dire que tu es tombé vraiment sur un cas !!!! Heureusement que sur les iphones on peut bloquer les gens, mais pas de chance pour toi, elle était assez folle pour trouver ton adresse …

Messieurs, chers lecteurs, si vous aussi vous souhaitez partager vos expériences plus ou moins bonnes, n’hésitez pas à me contacter (llylypuce@gmail.com)

un homme 2.0

 

 

 

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