Les Chroniques de Charlyrose

Mon enfant, Mon fils… Ma bataille…

Mon bébé, mon enfant, mon garçon, mon ado, mon p’tit homme en construction…

 

Toi, le bébé que j’ai tant désiré…

Toi qui allais celer à tout jamais….

 

Toi,  le fruit de l’amour porté …à cet homme….Cet homme qui allait devenir ton père…

Une manière ce soir, de te compter une petite histoire….

Cette histoire, c’est la tienne, celle que tu continueras à écrire de tes propres mains…

Je ne suis là que pour t’ouvrir la route de ton propre chemin,

Je ne suis là que pour que tu puisses tracer et avancer sur le chemin de ta propre histoire…

Tout en te léguant ton héritage… en ces quelques mots…

 

Ton héritage, c’est l’histoire d’une jeune femme, d’une jeune fille …  qui tombe éperdument amoureuse à 19 ans de cet homme …

Cet homme qui lui permet de devenir femme mais surtout, cet homme avec qui l’amour est si intense qu’il fera d’elle une mère, TA MÈRE…

 

Quelques mois plus tard, je te sens grandir en moi…

J’affiche avec bonheur  mon ventre qui s’arrondit de jour en jour, je te porte avec fierté mais déjà je me bats contre les préjugés….

J’ai 20 ans et je veux un enfant…

 Mais voilà, ta naissance est compliquée, ….tu as du mal à respirer et je ne peux te serrer, te tenir dans mes bras…

On t’arrache à moi pour te perfuser, te gaver, te soigner… car tu es en danger…

Je suis épuisée mais je me bats  à nouveau pour ne pas te lâcher…

 

Le danger écarté, nous rentrons dans notre cocon que je rêve tant de retrouver…

 

Malheureusement, nous devenons trop vite ‘absents’, notre vie professionnelle nous empêche de te voir grandir suffisamment…

Les moments sont rares pour profiter de toi pleinement…

Les berceuses, les chansons et les histoires te sont comptées par d’autres personnes que moi et les bras qui te bercent le soir en t’endormant ne sont pas les miens…

 

Je ne peux, ne veux plus gérer et t’imposer une telle enfance alors je me bats pour toi, pour nous, pour changer de vie, pour pouvoir construire cet idéal familial que je souhaite tant pouvoir t’offrir…

 

Mais ton père est toujours aussi absent, trop absent…

Tu as grandi et tu es devenu un magnifique petit garçon maintenant mais … un petit garçon, un petit bonhomme « différent » …

 

Le combat continue mais je me sens seule, je suis seule …

Et l’amour que je porte à ton père s’amenuise, cet amour se fissure petit à petit…

Année après année, les failles deviennent crevasses mais rien n’y fait…

 

Le cratère finit par exploser et la lave en fusion, l’éruption d’amour qui en jaillissaient ne deviennent que pierre de roche en refroidissement…

De cet amour, de cette fusion que je croyais éternels ne reste que fumée et tas de cendres…

 

Je finis par quitter cet homme, ton père, que j’ai tant aimé et un nouveau combat s’ouvre alors devant moi…

Je deviens responsable de cette ‘différence’ qui te distingue  justement  tant des autres enfants…

Je suis coupable car je suis à l’origine de cette  famille monoparentale….

Je ne t’ai finalement offert qu’un modèle idéal de « parents séparés »…

 

Le bébé, le petit garçon est devenu en grandissant un bel ado maintenant…

Cet ado que je chéris, que j’adore tant…

Cet ado « différent »…

 

Cet ado aux facultés intellectuelles incroyables

Cet ado ‘au-dessus de la normale’..

Mais cet ado qui n’a pas pu trouver la clé…

Et dont le cadenas est resté verrouillé, fermé…

 

Cette clé, ce combat que j’ai mené et que je continue à mener à tes côtés…

Cette clé qui vient seulement d’être trouvée…

Et qu’il te reste maintenant à savoir utiliser…

 

Ce soir, c’est enfin moi qui peux te compter l’histoire du soir ….

Et cette histoire, c’est ta propre histoire.

 

Ton histoire mon enfant…

Toi pour qui mon amour immensurable, inébranlable, ….insubmersible, indestructible…. C’est toi qui me permets de te l’offrir…

Toi chez qui l’image de ton père se reflète tant quotidiennement

Toi qui a celé cet amour à jamais

Cet amour qui ne pourra jamais être réduit à néant

Mais cet amour devenu …’différent’…

 

Je t’aime mon enfant…

 

Benjamin BIOLAY m’ôte les mots de la bouche, c’est cet héritage que j’aurai pu te chantonner…

Mais je crois que pour ne pas gâcher cette jolie litanie, il sera préférable que tu puisses  un jour la lire car inutile de te rappeler que je chante faux… (lol)

Benjamin Biolay – Ton Héritage

Si tu aimes les soirs de pluie
Mon enfant, mon enfant
Les ruelles de l’Italie
Et les pas des passants
L’éternelle litanie
Des feuilles mortes dans le vent
Qui poussent un dernier cri
Crie, mon enfant
 
Si tu aimes les éclaircies
Mon enfant, mon enfant
Prendre un bain de minuit
Dans le grand océan
Si tu aimes la mauvaise vie
Ton reflet dans l’étang
Si tu veux tes amis
Près de toi, tout le temps
 
Si tu pries quand la nuit tombe
Mon enfant, mon enfant
Si tu ne fleuris pas les tombes
Mais chéris les absents
Si tu as peur de la bombe
Et du ciel trop grand
Si tu parles à ton ombre
De temps en temps
 
Si tu aimes la marée basse
Mon enfant, mon enfant
Le soleil sur la terrasse
Et la lune sous le vent
Si l’on perd souvent ta trace
Dès qu’arrive le printemps
Si la vie te dépasse
Passe, mon enfant
 
 Ça n’est pas ta faute
C’est ton héritage
Et ce sera pire encore
Quand tu auras mon âge
Ça n’est pas ta faute
C’est ta chair, ton sang
Il va falloir faire avec
Ou, plutôt sans
 
Si tu oublies les prénoms
Les adresses et les âges
Mais presque jamais le son
D’une voix, un visage
Si tu aimes ce qui est bon
Si tu vois des mirages
Si tu préfères Paris
Quand vient l’orage
 
Si tu aimes les goûts amers
Et les hivers tout blancs
Si tu aimes les derniers verres
Et les mystères troublants
Si tu aimes sentir la terre
Et jaillir le volcan
Si tu as peur du vide
Vide, mon enfant

 
Si tu aimes partir avant
Mon enfant, mon enfant
Avant que l’autre s’éveille
Avant qu’il te laisse en plan
Si tu as peur du sommeil
Et que passe le temps
Si tu aimes l’automne vermeil
Merveille, rouge sang
 
Si tu as peur de la foule
Mais supportes les gens
Si tes idéaux s’écroulent
Le soir de tes vingt ans
Et si tout se déroule
Jamais comme dans tes plans
Si tu n’es qu’une pierre qui roule
Roule, mon enfant
 
Mon enfant
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2 commentaires sur “Mon enfant, Mon fils… Ma bataille…

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